Bandha yoga : les trois verrous, pas à pas et limites
Corps et forme

Bandha yoga : les trois verrous, pas à pas et limites

Par Garance Toussaint 14 octobre 2026
L’essentiel

Les bandhas, ou verrous, sont des contractions musculaires précises que le hatha yoga associe au souffle. Il en existe trois : mula bandha au périnée, uddiyana bandha au ventre, jalandhara bandha à la gorge. On les apprend un par un, assise, sur quelques minutes, avant de les glisser dans les postures. Le plus doux à commencer est mula bandha, à l’expiration.

Un bandha est un verrou : une contraction volontaire, localisée, tenue le temps d’un souffle. Rien de mystérieux dans le geste lui-même, il s’agit de muscles que l’on apprend à sentir puis à engager au bon moment. Voici ce que chacun active, comment les apprendre sans se brusquer et ce qu’il vaut mieux éviter.

Bandha en yoga : de quoi parle-t-on ?

Le mot sanskrit signifie lien ou attache, d’où la traduction courante par verrou. Dans le hatha yoga, il désigne trois contractions de groupes musculaires situées à trois niveaux du buste, pratiquées pendant les postures et les exercices de respiration.

La tradition les présente comme des moyens de retenir et de diriger l’énergie vitale, le prana. Pour une pratique de bien-être, retenez surtout leur effet concret : ils entraînent la conscience du centre du corps, du souffle et de la posture.

Ils prolongent le travail des respirations abdominales : plus le souffle est maîtrisé, plus les verrous deviennent faciles à sentir.

Les trois verrous : zone, geste et souffle

Verrou Zone Geste Moment du souffle
Mula bandha Périnée, base du tronc Contraction douce, comme remonter le plancher pelvien Fin d’expiration, tenu ou relâché
Uddiyana bandha Bas-ventre et abdomen Ventre rentré vers la colonne, cage thoracique ouverte Poumons vides, jamais après un repas
Jalandhara bandha Gorge et nuque Menton incliné vers le sternum, nuque longue Pendant la rétention, poumons pleins
Les trois bandhas du hatha yoga : où, comment, à quel moment du souffle.

Mula bandha ferme la base du tronc en contractant les muscles du périnée. Uddiyana bandha rentre le ventre tout en ouvrant la cage thoracique. Jalandhara bandha comprime la gorge en inclinant la tête.

Quand les trois sont engagés ensemble, on parle de maha bandha, le grand verrou. On ne le tente pas au début : il suppose que chacun des trois soit déjà familier.

Planche ancienne montrant uddiyana bandha pratiqué en posture assise
Uddiyana bandha en posture assise, planche d’un ouvrage ancien tombé dans le domaine public.

Pourquoi les utiliser ?

Honnêtement, on n’en attend pas de miracle. L’intérêt est pratique : apprendre à engager le centre du corps stabilise les postures, rend la respiration plus consciente et évite de se laisser aller dans les reins.

Trois bénéfices ressortent le plus souvent chez les pratiquantes. La posture se tient mieux, parce que le tronc est gainé en douceur.

Le souffle devient plus lent, puisque les verrous demandent de l’attention. Et la fin de séance laisse une impression de calme net.

Un dernier intérêt, plus discret : les verrous obligent à ralentir. On les sent mieux quand le souffle est calme, ce qui pousse à pratiquer sans se précipiter.

Ce sont des sensations, pas des garanties. Toute promesse de résultat sur la digestion, l’énergie ou les hormones demande de rester prudente, et un avis médical si vous avez un doute.

Comment apprendre chaque verrou pas à pas

Asseyez-vous sur un coussin ferme, dos long, mains sur les cuisses, à jeun ou plus de trois heures après un repas.

  1. Mula bandha. Inspirez, puis à l’expiration, remontez doucement les muscles du périnée, comme pour retenir un besoin d’uriner, sans serrer les fessiers ni les cuisses. Tenez deux à trois secondes, relâchez. Dix répétitions.
  2. Uddiyana bandha. Expirez à fond, retenez l’air poumons vides, puis ouvrez la cage thoracique comme pour inspirer, sans inspirer vraiment. Le ventre se creuse sous les côtes. Tenez quelques secondes, relâchez le ventre avant de reprendre l’air. Trois essais.
  3. Jalandhara bandha. Inspirez, retenez le souffle, allongez la nuque et rapprochez le menton du sternum sans pencher le dos. Tenez brièvement, relevez la tête, puis expirez. Trois essais.

Côté rythme, comptez quelques secondes par verrou et des respirations libres entre deux essais. Une séance de dix minutes suffit largement, et la régularité vaut mieux que la durée : trois minutes chaque jour apprennent plus que trente minutes le dimanche.

Ne forcez jamais une rétention. Si vous avez besoin de respirer, c’est que vous êtes allée trop loin : reprenez le souffle et raccourcissez la durée. Les rétentions poussées sont détaillées avec leurs limites dans l’article sur la respiration Wim Hof, à lire avant de les rallonger.

Mula bandha, est-ce la même chose que les exercices du périnée ?

Les deux se ressemblent : on contracte les muscles du plancher pelvien. La différence tient à l’intention et au souffle. Un exercice de rééducation se compte en séries de contractions, parfois fortes, avec un objectif musculaire précis.

Mula bandha est plus fin. La contraction est modérée, associée à l’expiration, et surtout accompagnée d’une attention au reste du corps : respiration calme, épaules basses, nuque longue. On cherche une remontée subtile plutôt qu’une force.

Si vous avez des fuites urinaires, une descente d’organes ou un suivi après un accouchement, ne vous servez pas du yoga à la place du suivi : parlez-en à une sage-femme ou à un kinésithérapeute. Mula bandha pourra venir en complément, une fois le plancher pelvien évalué.

Pour sentir la zone, un repère utile : allongée sur le dos, genoux pliés, pieds à plat, essayez de remonter le périnée sur l’expiration puis de le relâcher complètement sur l’inspiration. Le relâchement compte autant que la contraction.

Les bandhas dans les postures

Dans une séance classique, on ne bloque pas le souffle : on garde un verrou léger et continu. Mula bandha se traduit alors par un ancrage discret du plancher pelvien, uddiyana par un ventre légèrement tonique sans le creuser.

Ce gainage se sent surtout dans les postures où le tronc travaille, comme les enchaînements de la salutation au soleil. Essayez de le garder sur l’expiration quand vous passez d’une posture à l’autre.

Pour un moment plus calme, la routine du matin de dix minutes accueille bien un mula bandha doux placé à la fin de chaque expiration. Les verrous restent un outil, jamais un but en soi.

Un programme de quatre semaines

Voici une progression proposée pour une pratique quotidienne courte. C’est un repère à adapter, pas un protocole officiel.

Semaine Verrou travaillé Durée par jour Objectif
1 Mula bandha seul 3 minutes Repérer le muscle sans serrer les fessiers
2 Mula puis jalandhara 5 minutes Associer verrou et courte rétention
3 Ajouter uddiyana 5 à 7 minutes Poumons vides, quelques secondes
4 Verrous légers en posture 10 minutes Garder le centre actif sur l’expiration
Progression sur quatre semaines, à pratiquer assise puis intégrée à une séance courte.
Infographie : mula, uddiyana, jalandhara et maha bandha avec zone, geste et moment du souffle
Les verrous en un coup d’œil : le bas, le milieu, le haut, puis les trois ensemble.

Précautions : quand s’abstenir

Les rétentions et uddiyana bandha demandent un corps au repos et un estomac vide. Les précautions usuelles sont simples.

  • Pas d’uddiyana bandha après un repas, ni en cas de nausée.
  • Pas de rétention de souffle prolongée en cas de grossesse, de tension élevée connue ou de problème cardiaque, sans avis du médecin.
  • Pas d’uddiyana bandha pendant les règles pour beaucoup d’enseignantes, par prudence : demandez l’avis de la vôtre.
  • Arrêt immédiat si vertige, douleur ou serrement dans la poitrine.

Si vous découvrez le yoga, un cours encadré vaut mieux qu’un tutoriel pour apprendre la rétention. Une enseignante repère une nuque crispée en quelques secondes, ce que ni une vidéo ni un article ne feront.

Les erreurs qui reviennent chez les débutantes

La première est de confondre mula bandha avec une contraction des fessiers ou des cuisses. Si le haut des jambes serre, relâchez et recommencez plus petit : le geste est interne et discret.

La deuxième est de bloquer la respiration trop longtemps. Les verrous se tiennent le temps qu’on garde la douceur, pas le temps que dure la rétention.

La troisième est de les pratiquer sans repos : un verrou sollicite, il demande ensuite quelques respirations libres. Pour calmer le système après un effort, la séance de yoga nidra convient bien en conclusion.

Qu’est-ce qu’un bandha en yoga ?

C’est un verrou : une contraction volontaire d’un groupe musculaire, tenue pendant un temps du souffle. Le hatha yoga en décrit trois, au périnée, au ventre et à la gorge, qui peuvent s’engager ensemble sous le nom de maha bandha.

Quels sont les trois bandhas ?

Mula bandha, au niveau du périnée, uddiyana bandha, au niveau du ventre, et jalandhara bandha, à la gorge avec le menton incliné vers le sternum. Chacun a son moment dans le souffle, comme le résume le tableau plus haut.

Comment apprendre mula bandha ?

Assise, expirez en remontant doucement les muscles du périnée sans serrer les fessiers, tenez deux ou trois secondes, relâchez. Dix répétitions par jour pendant une semaine suffisent pour repérer le muscle.

Peut-on pratiquer les bandhas tous les jours ?

Oui, en séances courtes, tant qu’il n’y a ni vertige ni gêne. Les rétentions et uddiyana restent à pratiquer à jeun et avec modération, en laissant des respirations libres entre chaque essai.

Les bandhas sont-ils dangereux ?

Pas quand on respecte la progression, mais ils ne conviennent pas à tout le monde. Grossesse, tension élevée, problème cardiaque ou digestif demandent un avis médical avant toute rétention ou uddiyana bandha.

Faut-il un cours pour apprendre les bandhas ?

Ce n’est pas obligatoire pour mula bandha, mais très utile pour uddiyana et les rétentions. Une enseignante corrige la nuque, la posture et le rythme du souffle, ce qu’on voit mal tout seul.

Cette semaine, consacrez trois minutes chaque jour à mula bandha, assise, à la fin d’une expiration. Notez ce que vous sentez et ce qui serre à tort. À la fin de la semaine, passez à jalandhara bandha, et gardez uddiyana pour plus tard.

Source

Wikipédia, Bandha (yoga), consulté le 14 octobre 2026.

Garance Toussaint

Ancienne rédactrice du secteur cosmétique, aujourd'hui à la tête de La Belle Heure. J'écris sur ce qui agit vraiment, ce qui est confortable, et ce dont on peut se passer.

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